05.06.2018

C'était hier : René ne craint personne

L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du vendredi 5 juin 1998. Pour mémoire, René Berland disparaissait le 5 juillet de la même année, à l’âge de 72 ans.

rené berlandRené Berland ne se laisse jamais gagner par le blues (photo archives, Mai 1998. Pour la petite histoire, cette Harley Davidson appartenait à Manu Montoro).

Personnage haut en couleurs à l’imagination débordante et fertile, membre fondateur de « Opération Vacances en Chalabrais », qui offrira plus tard son sigle à la désormais fameuse formation de l’OPVC, René Berland n’a de cesse d’innover, guidé par l’espoir d’égayer l’ordinaire. A l’image de son héros Peter Fonda, personnage central du célèbre film Easy rider, René ne fait qu’un avec sa formidable machine. Au premier coup de kick, les chevaux se soumettent au bon vouloir de celui que les ménagères chalabroises retrouvaient invariablement derrière le comptoir de la poissonnerie du cours Colbert.

A présent retraité, René Berland se plaît à rêver qu’il sillonne les interminables « motorways » des Etats-Unis, accompagné de Jeannette sa fidèle amazone. Des projets, René en a plein la tête et ce disciple de Saint-Pierre, saint patron des pêcheurs, n’est surtout pas à court d’idées, certains Chalabrois ayant conservé une bonne mémoire pourraient en témoigner longuement. Une éternelle jeunesse que René doit à une devise cultivée de manière indéfectible : « Ne jamais se laisser gagner par le blues ».          

05:55 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rené berland |  Facebook | | |

19.11.2012

Robert Roncalli n’est plus

Janvier 2010.jpgRobert Roncalli travaillait à l’élaboration de l’almanach du Cercle occitan du Quercorb.

Dimanche 11 novembre en fin de matinée, Robert Roncalli était enlevé à l’affection des siens après avoir courageusement lutté, jusqu’à ce que les forces viennent à lui manquer. A la nouvelle de son décès, survenu à l’âge de 78 ans, la cité du Kercorb s’est retrouvée mardi, afin de lui adresser un dernier adieu.    

Natif de Chalabre où il avait vu le jour le 2 juin 1934, Robert Roncalli n’avait rien oublié d’une enfance insouciante, racontée dans un ouvrage édité en 1997 et véritable trésor d’anecdotes. Il avait également vécu la transformation industrielle du pays chalabrais, symbolisée par l’essor de la manufacture Canat. Il avait ensuite mis son expérience et ses compétences au service de diverses unités de production de la Haute-Vallée de l’Aude, c’est là qu’il avait mis un terme à sa carrière professionnelle. Dans l’intervalle, Robert Roncalli avait traversé la Méditerranée, en tant qu’appelé du contingent, affecté au corps des troupes aéroportées en Kabylie.

A l’heure de la retraite, il retrouvera un cadre on ne peut plus familier, et son implication dans la vie associative chalabroise lui permettra de conserver une activité pour le moins soutenue. Secrétaire de la section cantonale de la Fnaca, trésorier et auteur au sein de « Il était une fois Chalabre », président du Cercle occitan du Quercorb, soliste baryton et fantaisiste avec ses complices de la chorale Eissalabra, membre assidu d’un tribunal en charge de la défense de sa majesté carnaval (photo ci-dessous), il aura également veillé aux destinées de la capitale du Kercorb, en qualité de conseiller municipal, de 1989 à 2001. Diminué par de sérieux ennuis de santé, Robert Roncalli s’efforçait de rester actif, travaillant notamment à l’élaboration de l’almanach annuel du Cercle occitan.

robert roncalliJugement de sa Majesté Badaluc XXVIII, Place Charles Amouroux, de gauche à droite, André Babou (†), Robert Roncalli, René Berland (†) (photo archives Mars 1996).

Durant la bénédiction célébrée en l’église Saint-Pierre, Soeur Hélène invitera à saluer sa mémoire, évoquant par la même occasion, le souvenir de Jean XXIII, le cousin. Un hommage à la conclusion duquel les amis de l’ensemble vocal Eissalabra offriront une émouvante interprétation de la « Montanara ».

Sous les drapeaux en berne, les Chalabrois ont adressé un dernier adieu à Robert Roncalli, inhumé dans le caveau familial où il repose aux côtés de son épouse Huguette, disparue en 1989. En ces douloureuses circonstances, très sincères condoléances à Thierry et Rolande ses enfants, à ses petits-enfants, à toutes les personnes que ce deuil afflige. 

05.11.2009

Le Kercorb a l’oreille musicale

Au cours du mandat confié en 1931 à l'équipe municipale et à son premier magistrat Emile Fitaire, les Chalabrois désireux d'apprendre le solfège furent invités à se faire connaître auprès des services de la commune. Ce projet allait être favorablement accueilli d'autant que la méthode proposée était entièrement gratuite. Très vite une trentaine d'enfants vont régulièrement se retrouver au rez-de-chaussée de la mairie (actuel secrétariat) où Auguste Arnou s'évertue à leur transmettre sa passion pour la musique. Facile pour certains, hermétique pour d'autres, le dur apprentissage du solfège va en décourager plus d'un, si bien que les rangs s'éclaircissent devant la baguette improvisée mais néanmoins experte de M. Arnou. Quelques élèves réussiront à se familiariser avec les blanches, les noires et autres doubles croches, pour accéder à la récompense suprême, jouer d'un instrument de musique. Nos jeunes musiciens mettront alors leurs dons au service de la fête pour animer les bals, jusqu'à la guerre et l'interdiction de toute manifestation festive.   

Bravant cet interdit, Augustin Sibra et ses amis solistes se retrouvent un soir à Philippou (près de la gare de Rivel) où ils ont été invités à animer un «bal clandestin ». Les accords finissent par attirer l'attention et une descente des gendarmes de Chalabre met fin aux réjouissances, les danseurs ont juste le temps de s'éclipser mais les musiciens et leurs instruments sont piégés par la maréchaussée. C'est la catastrophe, d'autant que certains d'entre eux risquent alors un départ vers l'Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire (STO). Parmi les musiciens se trouve Louis Amat, neveu de Marie-Jeanne Pons (épouse d'Antoine Pons), laquelle intervient auprès de la brigade en soulevant un détail de taille : Philippou se trouve sur le territoire de l'Ariège, les gendarmes chalabrois sont donc intervenus sur un périmètre dont ils n'avaient pas la responsabilité. Plus grave, ils ont agit sans autorisation, celle que le commandant de brigade de Laroque d'Olmes dont dépend le secteur, était le seul habilité à délivrer. En deux temps trois mouvements l'affaire est réglée, l'anecdote est rangée au fond du sac à partitions et nos musiciens signeront leur premier contrat d'après-guerre à Mérial puis Pomy, Rennes-le-Château, Coustaussa, et bien d'autres encore.

Le Sonore ou le Majestic  seront le nom des formations animées par Augustin Sibra et ses partenaires, dans le même temps qu'un autre groupe chalabrois, cher à René Berland, Joseph Garcia, Gaston Costes, Hubert Barthoulot et Henri Quimeso, le fameux Novelty. Aujourd'hui les virtuoses de l'O.P.V.C ont pris le relais au pupitre, formés pour certains par Augustin et ses disciples. Et ce qu'ils ont surtout retenu, c'est que la gratuité du solfège fut en son temps, une belle initiative municipale.

Mule 1960 & Orchestre .JPGAutour d'Augustin Sibra, les solistes du futur orchestre « Le Sonore ». Debout de gauche à droite : Louis Jean, Josette Grivel, Augustin Sibra, Pierre Taillefer, Félix Calvène, René Salinas. Au premier plan : Henri Désarnaud, Armand Gabanou, Fernand Pont.