01.03.2012

Carnaval : Le dernier bulletin de santé de Badaluc a été publié

812923182.jpgLe médecin personnel de Badaluc s’est montré tout à fait rassurant (photo archives, Carnaval 1980)

Avant que nos édiles locaux ne déroulent le tapis rouge sous les pieds de sa Majesté Badaluc XLIII, le cabinet ministériel du prince de Carnaval adresse le tout dernier bulletin de santé rédigé par le  médecin personnel de son éminence. Une délicate attention que les Chalabroises et les Chalabrois apprécieront étant donné le caractère plutôt confidentiel de telles informations.

Et donc, à la veille d’une visite en Kercorb prévue les 14 et 15 avril prochains, Badaluc se porte comme un charme, l’œil vif, le pouls lent et frais comme un ail. Ce qui vient infirmer les élucubrations récurrentes de certains oiseaux de mauvaise augure, faux disciples d’Hippocrate et autres Diafoirus d’opérette, lesquels s’autorisent à colporter de noires rumeurs sur la santé du sérénissime.     

Les autorités civiles, militaires et ecclésiastiques de la place de Chalabre sont formelles, Badaluc le XLIIIe franchira bien les portes de la capitale du Kercorb le samedi 14 avril, avec son carnet de vaccinations à jour. Que les « festejaïres » se rassurent, le programme complet de ces deux journées de liesse sera communiqué dans un futur très proche.  

Carnaval 2007 Sophie.jpgLes cuivres seront une fois encore de la fête.

28.02.2012

La vieille usine du Pont-Vieux a été rasée

Un des derniers vestiges de la vie industrielle du Chalabrais, l'ancienne usine Franzone, s'est effondrée sous les coups de pelle. 

Usine Franzone 23 Février 2012.jpgLe quartier du Chalabreil va s'offrir un nouveau décor.  

Il en est de certains vestiges industriels comme de ces photos jaunies, qui entretiennent le souvenir de périodes oubliées, parfois même insoupçonnées. Celui qui emprunte aujourd’hui la rue du Pont-Vieux, et qui n’a pas grandi avec le privilège de manger un pain au chocolat de la boulangerie Calbo, sur le chemin de la communale, ne peut imaginer quelle fut l’activité de cette courte artère chalabroise.

C’était au cours de la quatrième décennie du siècle dernier, en bordure de la rivière Chalabreil, Henri Franzone et son épouse Marcelle avaient créé une petite entreprise autour du cartonnage, activité qui ne cesserait de prospérer en parallèle avec la manufacture de chaussures Canat. Ainsi vers la fin des années 1960, quarante personnes se trouvaient employées à transformer 500 à 600 tonnes de carton par an. Dans le secteur de la chaussure, 8.000 boîtes pouvaient être confectionnées en une seule journée. Les débouchés étaient divers, puisque sortaient aussi des « cartons tailleurs » pour vêtements et costumes, des boîtes pâtissières, des cartons à chapeaux, etc… Mais il était écrit que la chaussure et sa boîte auraient une même destinée, et l’arrêt des activités de l’usine Canat, entraînera le déclin de l’usine Franzone, jusqu’à sa fermeture effective voilà tout juste vingt ans.

Après avoir abrité un atelier de plomberie, puis un dépôt de maître-charpentier, la vieille fabrique usée par le temps, verra une partie de sa toiture s’effondrer sous le poids de la neige tombée à l’hiver 2010. Une mort lente, à petit feu, qui connaîtra un nouvel épisode le vendredi 17 février dernier avec l’incendie qui aura définitivement raison de sa colonne vertébrale. Le coup de grâce a été donné en ces derniers jours de février 2012, par l’entremise de la société « Terra Scop », chargée d’effacer du décor un des derniers vestiges de la vie industrielle du Chalabrais. 

usine franzone,terra scopCette vue depuis le Chalabreil fait partie du passé.

Remerciements à Maurice Rouzaud et à l'association "Il était une fois Chalabre", pour les informations recueillies au fil du Tome V. 

27.02.2012

Aristide, « brulou de vi », se languit de son Couserans natal

aristide,massat,brulou de vi,couseransAristide, « brulou de vi » depuis plus d’un demi-siècle.

Il avait installé sa drôle de locomotive fumante en bordure du Chalabreil, Aristide Peyronnie « brulou de vi » depuis plus d’un demi-siècle, a bouclé une nouvelle campagne au service des bouilleurs de cru du Kercorb. Comme chaque hiver, de Sonnac à Puivert en passant par Villefort, Aristide a distillé son savoir-faire à l’attention des amateurs de fine. Avant de repartir vers de nouveaux horizons, et remiser au final sa machine, là-bas au pied du Port de Lers, patrie des bouilleurs ambulants.

Des déplacements très règlementés     Habitué à parcourir les routes par tous les temps, Aristide doit soigneusement préparer chacun de ses déplacements pour satisfaire à un règlement strict et incontournable. Il établit ainsi plusieurs demandes d’ouverture « d’atelier public » (lieu de distillation), avant de solliciter le droit de circuler avec son alambic. Une belle et rutilante machine plombée par les douanes qui procèdent à son descellement à chaque départ. Pendant que la cucurbite monte en température, Aristide raconte comment l’invention de l’alambic et du principe de distillation, furent élaborés il y a mille ans, par le peuple arabe. Conscrit au début des années 1950 sur les rivages tunisiens de Carthage, il a appris toutes les subtilités du métier.

Du "khôl" à la fine     Les premiers alambics servaient à fabriquer le fard à paupières, connu sous le nom de « khôl ». Quand ils commencèrent à distiller le vin, les créateurs allaient garder le même nom « al khôl », la chose subtile. Goutte après goutte, les serpentins cuivrés laissent filtrer la chose subtile, il ne reste plus qu’à contrôler le degré d’alcool. Avant de préparer une nouvelle distillation, et dans un nuage de vapeurs enivrantes, Aristide glisse à l’oreille que « tout le monde peut acheter un alambic pour s’installer distillateur sans plus de formalités ». Peut-être, mais qu’en serait-il alors du plaisir de retrouver le personnage d’Aristide, sympathique et attachant « brulou de vi » dont chacun guettera le retour, à l’hiver prochain. 

aristide,massat,brulou de vi,couseransAprès chaque distillation, Aristide rince sa cuve à grand eau.   

07.02.2012

Energie éolienne ou énergie hydraulique, le débat est ouvert

Noria Soucaille.JPGJadis, cette noria alimentait la tuilerie de Pierre Arnou, le tuilier potier de la Soucaille (sur la photo, archives Mars 2004, Emile Marty).

Le 23 janvier dernier se tenait une réunion d’information relative à l’énergie éolienne, motivée par les projets visant à l’installation de parcs éoliens sur les terres du Chalabrais et de son canton (voir édition de l’Indépendant du dimanche 29 janvier, article mis en ligne sur le blog le 30 janvier).

Louis Calvet, ancien élu et artisan chauffagiste à la retraite souhaite revenir sur un élément du débat qui, selon lui, n’a été que trop vaguement évoqué, les économies d’énergie : « Il faut se rappeler du premier choc pétrolier, des actions engagées dans le cadre des économies d’énergie par les professionnels en chauffage et climatisation, avec la participation d’experts en génie climatique qui se traduisirent par des économies non négligeables de TEP (tonnes équivalent pétrole). Concernant notre Kercorb, et lorsque l’on parle économies d’énergie, il faut rappeler que le pays chalabrais dispose d’importantes ressources hydrauliques. Il existait sur ce secteur, sept usines (textile, chapellerie, filature, minoterie, usine électrique,…), qui ne fonctionnaient pas autrement qu’avec la force motrice de l’eau des turbines. De multiples courroies faisaient fonctionner les machines et produisaient l’électricité à la demande »

Bien que laissées à l’abandon, selon Louis Calvet « les structures existent encore. Il suffirait de remettre ces installations en état pour produire de l’énergie non polluante, d’un coût de revient estimable, issue d’un filon bien local. Ce chantier nécessite bien entendu une volonté politique, et je tiens à préciser que le coût de la remise en forme de ces installations, d’utilité publique, ne serait point supérieur à l’implantation de ces gigantesques moulins à vent. Même en période d’étiage, le rendement resterait toujours avantageux ». Une voie à creuser.

02.02.2012

Un Tome XI en instance pour « Il était une fois Chalabre »

Ag Il était 1 Fois 2012 Blog.jpgL'équipe du président Brembilla va partir à la recherche du temps perdu.

Samedi 21 janvier, les adhérents de l’association « Il était une fois Chalabre » tenaient leur assemblée générale annuelle aux côtés du président Michel Brembilla. Ce dernier présentait les voeux du bureau et adressait un message d’amitié aux membres empêchés pour raison de santé. Il rendait ensuite un hommage à Raymonde Castres, doyenne de l’association décédée le 10 décembre dernier.

A l’heure du bilan d’activités, il apparaît que l’année 2011 aura été mise à profit afin d’ébaucher la trame d’un nouveau recueil de souvenirs, dont la sortie est espérée au cours de l’année 2012. Ce Tome XI dont le sommaire est pratiquement finalisé alternera textes et illustrations anciennes, ayant pour dénominateur commun un Chalabre du temps jadis.

Une parenthèse était ouverte afin d’évoquer la péripétie intervenue au cours de l’été 2011, et qui avait amené à la destruction d’une plaque du circuit de découverte, rue d’En Plumet. L’affaire est à présent définitivement classée, après le retour d’un panneau d’information relatif à la « Savonnerie Lasale », réalisé par Cédric Porta et la société toulousaine In Print, placé à quelques heures de la Saint Sylvestre par le président Brembilla lui-même. L’heure était venue de passer au bilan financier présenté par Daniel Lopez, rédacteur d’un dossier détaillé faisant état d’une trésorerie des plus saines. Il rappelait que l’ensemble des ouvrages édités, à l’exception du Tome I, dont le stock est épuisé, sont disponibles au secrétariat de la mairie ou chez José Sanchez, à la maison de la presse.

Le bureau 2011 démissionnaire invitait l’assemblée à se doter d’une nouvelle équipe, dont la mission première sera de mener le Tome XI à bon port. Les nouveaux élus se mettaient aussitôt au travail, non sans oublier de prolonger la trêve des confiseurs, à grand renfort de galettes et blanquettes. 

Ag Il était 1 Fois 2012.jpgIls ont porté un toast pétillant à la santé de l’association et de leur prochain ouvrage.

Le nouveau bureau : Président d’honneur la Ville de Chalabre, président Michel Brembilla, vice-président Christian Moralès, secrétaire Marie-Annick Saddier, adjointe Viviane Papaïs, trésorier Daniel Lopez, adjoint Yves Bachère, relations publiques Josette Brzesc-Taffet, responsables des recherches historiques Francis Garcia, membres actifs, Odile Bachère, Marie-Claude et Jean-Claude Fortier, Serge Fournié, Josette et Robert Garcia, Gilbert Huillet, Jean Lorca, Francine et René Salinas, Francine Sanchez-Gayet, Maryvonne Siméon.         

31.01.2012

Les Amis du Calvaire fédèrent toujours plus

rénovation de la chapelle du calvaire,troubadours de castalie

L’association pour la « Rénovation de la Chapelle du Calvaire » tenait dernièrement son assemblée générale annuelle, en présence de Christian Guilhamat, président d'honneur de l'association et maire de Chalabre. Après avoir excusé Jean-Jacques Aulombard conseiller général et Viviane Papaïs, secrétaire-adjointe, le président Yves Saddier souhaitait la bienvenue à tous avant de présenter dans le détail l’ensemble des travaux et actions menés tout au long de l'année 2011. Au premier rang desquels le creusement d'une tranchée sur le chemin menant au Calvaire depuis la stabulation (adduction d'eau potable), l’entretien du champ de lavandes, et la sécurisation des vitraux par la pose d'un grillage extérieur. Au chapitre des manifestations, repas, concerts et observation de la voûte céleste auront rythmé une nouvelle année au service de la restauration de la vieille chapelle de Réparation. L’année 2012 devrait permettre la mise en place d’un programme de manifestations culturelles estivales, en synchronisation avec Rivel et Sonnac.  

Après ce bilan moral des plus satisfaisants, le trésorier Yves Bachère informait l'assemblée de la progression notable des adhésions (215 au 31 décembre 2011 contre 173 fin 2010). Par ailleurs, la lecture des comptes laisse apparaître un solde excédentaire, notamment grâce à une subvention municipale.

Conformément aux statuts, l’assemblée procédait à l'élection d’un nouveau bureau, composé comme suit : président d'honneur Christian Guilhamat, président Yves Saddier, secrétaire Claudie Alegre, adjointe Viviane Papaïs, trésorier Yves Bachère, adjointe Suzanne Poincheval. Membres, Michel Alegre, Jean-Jacques Aulombard, Odile Bachère, Fabienne Canal, Gérard Canal, Lise Guilhamat, Bernadette Larrue, Daniel Lefebvre. Une équipe qui accueillait la nouvelle annoncée par Christian Guilhamat, informant l'assistance que l'hôpital local des hauts de Bon-Accueil, actuel propriétaire de la chapelle, envisageait de céder celle-ci à la commune. Une réunion devrait se tenir prochainement afin de déterminer les modalités de l'opération.

Troubadours Castalie 2002.JPGEn août 2002, Etienne Morand et les Troubadours de Castalie avaient recréé l’atmosphère des cours d’amour.

Les projets pour 2012 étaient listés, essentiellement des travaux de mise en sécurité, mais aussi la confection d'un album photos retraçant les étapes de la restauration, l’organisation d'une messe chantée avec l'abbé Philippe Guittard, assisté de l'abbé Cazaban du secteur paroissial,… Avant la clôture de la réunion, le trésorier confirmait la reconduction du principe de l'appel à cotisation, le montant restant inchangé (10€). 

28.01.2012

Une affaire fâcheuse ...

Le texte présenté ci-dessous et rédigé par Antoine Anduze-Faris, maire de Chalabre de 1830 à 1848, fait référence à quelques menus désordres nocturnes, perpétrés dans la capitale du Kercorb (... encore). Ainsi cette lettre aurait pu être la réponse au courrier adressé le 7 avril 1846 par le sous-secrétaire d’état de l’Intérieur à M. le préfet de l’Aude (cf « Une fâcheuse affaire » en date du samedi 21 janvier 2012). A un détail près, cette correspondance de M. le maire date du 6 août 1831, soit quinze années auparavant. Ce qui vient définitivement confirmer combien l’activité nocturne pouvait être intense au cœur des boulevards chalabrois. (n.b : Ce texte extirpé des archives départementales grâce aux travaux de recherche de Francis Garcia est reproduit à la virgule près. Il est recommandé de prendre son souffle avant d'entreprendre la lecture de certaines phrases). 

Lettre Anduze Faris III.JPG

Monsieur le Sous-Préfet,

Une absence d’un jour m’a empêché de répondre plus tôt à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 3 courant, qui me demande des renseignements sur ce qui s’est passé en cette ville dans la nuit du 29 au 30 juillet. Je m’empresse de le faire aujourd’hui en vous rapportant les faits tels que je les ai appris le 30 juillet au matin par la clameur publique ou les remarques que j’ai faites dans cette matinée.

Environ dix heures du soir quelques personnes se dirigèrent vers la rue où est sise la maison qu’habitent Messieurs les ecclésiastiques, y chantèrent quelques chansons et se retirèrent quelques temps après sans proférer les cris à mort qu’on vous a signalé, sans même jeter des pierres pour cette fois.

Après minuit un groupe de quelques personnes (sans pouvoir préciser le nombre) se rendit dans la susdite rue et s’arrêta devant la dite maison où on chanta, on frappa, où on jeta des pierres sur la porte donnant sur la rue, j’en juge ainsi par la poussière que le coup a laissé empreinte ; puisqu’on a usé pour cela de pierres provenant de la démolition d’une maison voisine, on lança des pierres sur la fenêtre, mais je dois vous observer que ces fenêtres ne donnent pas sur la rue et qu’il existe une cour entre l’habitation de Messieurs les ecclésiastiques et la rue, sur laquelle pour défendre l’entrée dans la cour, il existe un mur de 9 pièces de hauteur, qui n’a pas été franchi, ce qui eut été bien facile puisque devant le dit mur, il y avait un tas de décombres qui en eut favorisé l’escalade pour peu qu’on eut voulu, et que derrière ce mur il y a entassé une grande quantité de tuiles canal qui en eussent favorisé la descente, une seule paraît avoir été cassé par un coup. Le restant est dans le même état qu’elles ont été placées.    

J’ai remarqué de mes fenêtres quelques pierres dans la cour et six carreaux de vitre cassée sur l’imposte de la porte d’entrée de la maison, à l’une desquelles j’ai aperçu une toile d’araignée, ce qui ferait croire, qu’elle n’a pas été cassée à ce moment.

J’ai aussi remarqué de mes fenêtres qu’il avait été jeté des pierres sur le couvert à droite entrant dans la cour, donnant sur la rue qui n’est qu’à la hauteur du mur qui en défend l’entrée, par l’effet desquelles quelques tuiles ont été cassées. Voilà Monsieur le Sous-préfet, tout ce que j’ai appris ou remarqué au sujet de cette affaire, sur laquelle il parait qu’il a été fait grand bruit mal à propos ; car la Ville est tranquille depuis cette époque.

J’ai aussi appris le départ de M. le Curé, et ses Deux Vicaires, qui ont quitté la commune le 30 juillet à trois heures du matin.

Lettre Anduze Faris IV.JPG