17.12.2017

Sous le château de Mauléon,... la Place Fluris

L’article mis en ligne avait été publié dans l’Indépendant, édition du vendredi 26 décembre 1997. Vingt ans après la célébration de son Tricentenaire, et en cette année 2017 qui se termine, les 320 bougies de l’anniversaire du Charivari de Fluris n’auront pas été soufflées. Un 13 décembre ordinaire, dans les rues de Chalabre.

flurisLe cortège fait une halte à la Croix-des-Missions (Photos archives, 13 décembre 1997).

Le soleil vient de disparaître derrière les collines du Kercorb et dans un crépuscule naissant, les Chalabrois se sont retrouvés afin de célébrer le 300e anniversaire de la mort de Fluris. En ce jour de Sainte Luce, la tradition a donné rendez-vous à l’Histoire : tandis que Paris en termine avec un soulèvement contre la politique fiscale du cardinal Mazarin, un vent de fronde semble souffler à la surface des eaux froides du lac chalabrois. Le Sieur Jacques Fleury en est la cause, collecteur d’impôts de son état, et maître du mystère depuis trois siècles. Le samedi 13 décembre 1997, emmitouflés dans la tradition, les enfants de Chalabre ont consacré un monument à la mémoire de leur héros, un événement qui a mis en lumière la réalité d’une histoire d’amour à l’issue tragique. Fluris était un héros shakespearien, Roméo transis d’amour pour sa Jeanne. Mais les jaloux et les gens mal intentionnés eurent tôt fait de l’envoyer « ad patres ». Fallait-il punir ces empêcheurs d’aimer en rond ? Que seraient aujourd’hui sans eux, nos « arrosegaïres » invétérés ? Pouvons-nous imaginer ce que furent ces galants et secrets rendez-vous et ce qu’il advint du fruit de ces amours ? Fluris mourut-il du péché de chair, Fluris est-il irrémédiablement mort ?

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Torturée depuis trois siècles, l’âme de Fluris aura peut-être trouvé le repos au pied de cette stèle inaugurée samedi à une portée de mousqueton des tours du château. Magistralement entouré par les virtuoses de l’OPVC et les superbes voix de la chorale Eissalabra, le comité du Tricentenaire et un mystérieux revenant ont dévoilé un granit propre à pérenniser le charivari de Chalabre, sur cette place qui porte désormais le nom de Fluris. Le soir, à l’heure dite et 300 ans plus tard, plus de trois cent « arrosegaïres » ont investi les rues chalabroises en un tonitruant et pacifique cortège. Il faut imaginer Fluris heureux.

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Les chœurs d'Eissalabra

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Inauguration de la stèle à la mémoire de Fluris

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Un mystérieux revenant en ce jour anniversaire

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Le Comité du Tricentenaire au pied de la stèle

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« Vei fan les Ans que tueron Fluris ! »

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Le tonitruant cortège s'engage sur l'avenue Auguste-Cathala

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Au pied de la stèle, un « arrosegaïre » harangue ses compagnons de charivari

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Camille Amat a fait ressurgir toute la magie du mythe de Fluris 

17.11.2017

Entente cordiale pour la commémoration de l’Armistice

2017 11 novembre 001.JPG« Lest we forget », Martin Smith et la communauté britannique se sont associés à l’hommage national.

Un hommage a été rendu samedi 11 novembre aux 64 enfants de Chalabre « Morts pour la France », à la faveur d’une cérémonie réunissant les Chalabrois autour des anciens combattants, de Jean-Jacques Aulombard et des élus. Avec une délégation du centre de secours Jean Cabanier, conduite par l’adjudant-chef Jean-Marie Lafitte, la brigade de gendarmerie était représentée par l’adjudant Christian Fauré.

11 novembre à chalabre

Ce 99e anniversaire auquel la communauté britannique avait tenu à s’associer, a permis à Martin Smith, de déposer une couronne de « poppies », rouge coquelicot, au nom de la « Solihull Royal British Legion ». Le cortège s’est ensuite rendu au mémorial du cimetière Saint-Pierre, où les enfants ont fleuri d’une rose rouge, chacune des onze tombes du carré militaire.

11 novembre à chalabre

11 novembre à chalabre

11 novembre à chalabre

11 novembre à chalabre

11 novembre à chalabre

11 novembre à chalabre

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11 novembre à chalabre

La communauté britannique a participé à l'hommage national

11 novembre à chalabre

09.08.2017

Devoir de mémoire au col de La Flotte

col de la flotteCamille Boussioux (à droite), dernier témoin de cette tragédie.

La municipalité de Sonnac-sur-l’Hers, rendait hommage dimanche 6 août, aux cinq maquisards tués lors d’une embuscade le 27 juillet 1944, au sommet du col de la Flotte. Ce jour-là, une colonne de soldats allemands arrivée à pied par le croisement qui emmène à Courtauly depuis Sonnac, avait pris position au sommet du col, avertie d’une opération du maquis FTP-Faïta.

col de la flotteAvec le bruit faisant état de l’arrivée de renfort des troupes d’occupation sur le Chalabrais, les maquisards avaient prévu d’aller dissimuler un camion dans la ferme de Bordeneuve, située à quelques centaines de mètres du sommet du col. Pris sous le feu des mitrailleuses, Paul Vernières, Louis Bages et André Laffont s’écroulent, tandis qu’Helmut Thomas (photo), grièvement blessé, et Fernand Prétal, parviendront à se replier vers la ferme toute proche du Planquet. C’est là qu’ils seront rattrapés et exécutés. Les cinq maquisards, dont les identités ne sont pas encore connues, seront redescendus vers le village sur la camionnette de Camille Boussioux, dont le permis de circuler a été délivré en cette période de battages. Ils seront inhumés à Sonnac le 29 juillet. Au mois d’octobre suivant, leurs corps seront exhumés et rendus à leur famille.

Une cérémonie intime célébrée en présence de Daniel Lefebvre, maire de Sonnac-sur-l’Hers, de Camille Boussioux, dernier témoin vivant de cette tragédie, a permis de rendre hommage à cinq jeunes hommes qui avaient rejoint les rangs des Francs-tireurs et partisans français, morts pour la France.

col de la flotte

28.07.2017

Cérémonie du souvenir au col de La Flotte

col de la flotte

A l’initiative de la municipalité de Sonnac-sur-l’Hers, un hommage sera rendu dimanche 6 août, à Louis Bages (dit Leclair), Thomas Helmut, André Laffont, Fernand Prétal et Paul Vernières, cinq maquisards tués lors d’une embuscade le 27 juillet 1944, au sommet du col de la Flotte. Rendez vous au pied de la stèle à Sonnac-sur-l’Hers, route de Courtauly, à 9 heures.

13.07.2017

Célébration du 14 juillet

gilles taffetUne très haute distinction pour Gilles Taffet.

A l'occasion de la célébration de la fête nationale, Jean-Jacques Aulombard, maire, invite les Chalabroises et les Chalabrois, à se retrouver devant la mairie, vendredi 14 juillet à 11 h. En présence d’un piquet d'honneur du 3e RPIMA de Carcassonne, le Général Pierre Barbaud remettra la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur à notre concitoyen Gilles Taffet, ancien lieutenant de l’Armée française ayant combattu à Diên-Biên-Phu.  

Le cortège constitué cours Sully, se rendra au monument aux Morts pour un dépôt de gerbe, avec un accompagnement musical assuré par la formation Batucada. Cette manifestation sera clôturée par un apéritif dînatoire sous la halle, avec toute la population.

27.05.2017

Le 23 mai 1944, Auguste Cathala sauvait le maquis Faïta Jean-Robert, au prix de sa vie

Le sacrifice d’Auguste Cathala ne s’efface pas dans les mémoires.

auguste cathalaLes soeurs d’Auguste et leurs enfants, ont fleuri la stèle de leur grand frère.

«  Les Allemans an tuat le pitchou Cathala dès Vinsous, y an fait de tout… ». Par ces mots, la population du pays chalabrais prenait connaissance d’une atrocité commise à la ferme du Roudié, le meurtre d’un jeune homme de 19 ans, perpétré par des humains, avec une indescriptible sauvagerie. Au soir du 23 mai 1944 et au prix de sa vie, Auguste Cathala venait de permettre aux éléments d’un des premiers maquis de l’Aude, d’échapper à l’occupant nazi, et aux six miliciens alliés à la soldatesque (cf note *).

auguste cathalaMonté au Roudié après que la colonne ait saccagé puis abandonné la ferme des Vinsous, Marius Cathala très inquiet sur le sort de son fils, ne trouvera pas Auguste. C’est Julien le fils cadet, qui découvrira le corps de son frère, près de la porte, dans la ferme incendiée. Il est complètement carbonisé et paraît avoir été mutilé. Les jambes sont sectionnées, les mains et les pieds sont manquants.

Ses restes placés dans un cercueil, seront emmenés à la mairie de Montjardin. Le 25 mai 1944, Auguste Cathala est inhumé, et en dépit d’un retour possible de l’occupant, tous les habitants de la région sont présents à la cérémonie. Le lendemain, les maquisards qui lui doivent la vie, viendront déposer sur sa tombe, une gerbe avec un ruban tricolore.

auguste cathala

73 années après, en ce dimanche 21 mai, la mémoire d’Auguste Cathala a été honorée au pied de la stèle érigée en 1947, à l’initiative de l’association des anciens FTPF (Francs-tireurs et partisans français). Autour de la grande famille d’Auguste Cathala, des élus aux côtés de Francis Routelous maire de Montjardin, des drapeaux de la coordination des anciens combattants, et de l’ensemble vocal Eissalabra, la flamme d’un cruel souvenir a été ravivée. Une cérémonie émouvante et digne, comme pour refuser les mots du philosophe Hegel : « Ce qu’il faut retenir de l’Histoire, c’est que les hommes ne retiennent rien de l’Histoire… ».

* La compagnie allemande responsable de l’attaque sur Chalabre, était placée sous le commandement du capitaine Nordstern. Ce dernier était chef de la 5e cie du 2e bataillon Landesachützenregiment der Luftwaffe Lisieux. Officier très actif dans les opérations entreprises contre les maquis (Opérations Limoux et Couiza) de Saint-Hilaire et de Chalabre, il travaillait en collaboration avec le chef de la gestapo.

auguste cathala

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25.05.2017

Cérémonie du souvenir au lieu-dit « Scierie de la Prade »

Rivel a accueilli le rendez-vous annuel des fils et amis des « indésirables ».

camp de rivel,indésirablesSerge Pagès a rendu hommage aux victimes des lois d’internement.

Le 28 janvier 1941, un ultime convoi emportait vers le camp de St Sulpice-la-Pointe (Tarn), 253 militants syndicalistes, derniers détenus au lieu-dit « Scierie de la Prade ». Moins connu que Rivesaltes, Gurs, Le Vernet ou Sept-Fons, le camp d’internement de Rivel fut de 1939 à 1941, un centre de séjour où furent « hébergés » ceux que Pierre Laval ministre de l’Intérieur de Pétain, considérait comme des « indésirables ». Ce transfert s’inscrivait dans une logique politique qui consistait « à purger la France de ces éléments indésirables sans nationalité ». Après février 1939 et les camps du Roussillon, camps du mépris, l’engrenage devait s’accélérer avec un gouvernement de Vichy allant au-devant des désirs de l’occupant, pour faire de ces centres de rétention, un lieu de transit vers les camps de la mort.

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Pour le devoir de mémoire et par respect pour les victimes de tous les totalitarismes, une cérémonie s’est déroulée le samedi 20 mai, au pied de la stèle érigée près des vestiges du camp. Le souvenir des internés a été honoré autour du comité des anciens combattants, réunis à l’initiative de l’Ardiep et de l’Arac.

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camp de rivel,indésirablesEn présence de Jean-Pierre Salvat maire de Rivel, Serge Pagès (Arac), Michel Molherat (Anacr de l’Aude), Annie Bohic-Cortès conseillère départementale, Mylène Vesentini et Francis Savy président de la CC Pyrénées audoises. Andrée Zdrojower (Ardiep) absente, il revenait à Marie-Ange Larruy de veiller au déroulement d’une cérémonie empreinte de simplicité, ponctuée par des interventions appelant au souvenir, et à l’impérieux devoir de transmettre un passé qui ne doit pas être oublié : « Avec la menace du temps qui passe, les mots changent mais la réalité demeure. Le droit de parler est d’abord un devoir, un devoir de fidélité à la mémoire de toutes les victimes des heures noires vécues en ces lieux » (Henri Steiner, mémoire du camp). L’assemblée se transportait ensuite jusqu’au monument aux Morts de Rivel, où était délivré un message de paix, au nom des Rivélois.

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Françoise Pagès a fleuri la stèle au nom de l'Arac.

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Jean-Pierre Salvat et Michel Tali au pied du monument aux morts de Rivel.