14.03.2010
Dix ans déjà
Les vieux lacets du col du Bac sont effacés.
En février 2000, les usagers de la RD 620 sont informés que la liaison vers le Limouxin et le Carcassonnais va faire l'objet d'une rectification d'itinéraire. Le chantier mis en place au-dessus de la commune de St Benoît permettra de modifier sensiblement le tracé de certains virages du col du Bac. Après une première modification intervenue en décembre 1997 sur le versant chalabrois, la RD 620 est rendue à la circulation le lundi 20 mars 2000. La bonne nouvelle est accueillie comme il se doit par les 800 usagers qui empruntent chaque jour cette voie d'accès. Quant aux cyclistes, voilà bientôt dix ans qu'ils font supporter à leurs mollets un changement conséquent de dénivelé.
La collecte sélective se met en place.
Après une visite sur la commune de Lescar dans la banlieue palloise, les élus du canton de Chalabre décident d'instaurer un système de tri sélectif. Un mode de collecte qui devrait réduire à la source la production de déchets qui ne cesse de croître (+ 60% en 30 ans). Chaque foyer va ainsi disposer d'une caissette de couleur, destinée à recevoir tous les matériaux recyclables. Un camion spécialisé fera la collecte une ou deux fois par semaine. L'expérience du tri sélectif sur le territoire de la communauté des communes du Chalabrais commence le 3 avril 2000.
Des circuits pour arpenter en VTT les sentiers du Chalabrais.
Au terme de longs mois de travail, l'équipe du Cyclo-VTT Club du Chalabrais, en collaboration avec la communauté des communes du Chalabrais, en termine avec la réalisation d'un balisage permanent sur sept circuits, agrémentés de multiples variantes. Pour l'ensemble des parcours proposés, départs et arrivées s'effectueront place François Mitterrand où de superbes panneaux sont mis en place au début de l'année 2000.
Le grand chantier de l'Hôtel de France a commencé.
Pour toutes générations de Chalabrois confondues, la seule évocation de l'Hôtel de France restitue en mémoire les riches heures d'un lieu public au passé prestigieux. Plusieurs chefs s'y succèderont, Joseph Courrent, Barthélémy Guilhem, Raymond Fort, pour ne citer qu'eux, maîtres de la chose culinaire qui permettront à la vieille maison du Cours National de conserver sa renommée. En ce début d'année 2000, l'établissement devenu propriété de la communauté de communes du Chalabrais fait l'objet d'important travaux de rénovation et de mise aux normes européennes. Il est inauguré le 30 juin, en présence de Didier et Marielle Limouzy, invités à rallumer les fourneaux du France.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : col du bac, tri sélectif, cyclo-vtt club du chalabrais, hôtel de france
22.02.2010
Le 22 février 2000, IDF obtenait le label Iso 9001
Cet article a été publié dans l'Indépendant, édition du lundi 17 avril 2000.
Pour l'entreprise IDF, ce label est une reconnaissance de la qualité de son savoir faire.
Inutile de chercher son nom au top 1000 des grandes entreprises françaises, IDF relèverait plutôt de la catégorie poids plumes. Cette PME de 35 salariés installée en Kercorb est pourtant référencée par les grands noms de l'automobile. Sa spécialité, la production de tissus flockés destinés dans un premier temps aux équipements automobiles, avec une volonté de diversification en direction de l'ameublement et de l'habillage.
Sur ce créneau minuscule, la petite société créée en 1991 par Laurent Thierry tient tête à deux géants mondiaux, deux grandes sociétés basées en Espagne et aux USA. Ses atouts majeurs sont la capacité d'adaptation à la demande, la vitesse d'exécution et la maîtrise dans son intégralité de la chaîne de flocage installée dans les anciens locaux des Ets Canat et T2L Chimie. Grâce à sa politique de croissance et au prix d'un effort soutenu en recherche-développement (procédé CAO), la société s'est développée à grandes enjambées, son prochain objectif affiché visant à atteindre les 100 millions de chiffre d'affaire.
L'année 2000 ne pouvait mieux débuter pour l'entreprise de Laurent Thierry qui vient de voir ses efforts de qualité couronnés par l'obtention de la certification Iso 9001. Ce label très prisé et reconnu à l'échelle internationale a été obtenu au terme de deux années de mise en conformité conduite par Mlle Céline Morata, responsable assurance qualité de la firme depuis 1997. Autant dire que cette certification officialisée le 22 février dernier est un gage certain de confiance pour les clients, assurés du suivi et du respect des procédures de qualité de la technologie IDF. Comme le souligne Céline Morata : « Ce succès ne peut être une fin en soi et la tenue d'audits interne est là pour garantir une remise en question permanente ».
Lorsqu'il retrace le chemin parcouru, Laurent Thierry PDG de IDF rappelle combien l'accueil de départ fut timide sur les places de l'hexagone. Aujourd'hui, l'avenir de IDF se dessine en Europe et sa première participation au salon Décosit de Bruxelles les 10 et 11 septembre prochains laisse raisonnablement espérer une progression sur le marché international.
IDF s'apprête à fêter son 10e anniversaire et cette belle promotion laisse entrevoir pour la jeune firme chalabroise une reconnaissance internationale et par là même, la perspective de créations d'emploi en pays chalabrais.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : idf, iso 9001, laurent thierry
02.02.2010
Les archers du Quercorb
Le 6 février 2008, "Momon" Arnou domicilié Rue Ste Anne nous quittait à l'âge de 76 ans. Ses multiples engagements au service de la communauté l'avait amené à proposer dans le milieu des années 1990, la création d'une section de tir à l'arc hébergée par le foyer d'éducation populaire. L'article illustré, ci-dessous, avait paru dans le journal L'Indépendant, édition du samedi 17 février 1996 :
(de gauche à droite : Benoît Baby, Bruno Siérakowski, Edmond Arnou, Fabienne Siérakowski, Angel Gionco. Au premier plan, Jocelyn et Johanna Siérakowski).
« Ils sont adeptes d'une pratique sportive qui ne cesse de se développer discrètement dans le cadre du foyer d'éducation populaire, et c'est ainsi que les membres de la section de tir à l'arc ont rendez-vous chaque lundi à la tombée du jour, sous la majestueuse flèche de St Pierre. Réunis autour d'initiés aussi compétents que MM. Edmond Arnou et Angel Gionco, les débutants découvrent combien la pratique du tir à l'arc demande une excellente condition physique et une concentration de tous les instants. Ceux qui le désirent sont cordialement invités à venir se retrouver devant la cible, les adolescents d'hier, qui taillaient leurs arcs dans les bois de Terre Blanche, pourront constater la belle évolution des techniques : avec son système sophistiqué de poulies et sa lunette de visée, l'arc devient plus que jamais un instrument d'une redoutable précision. Une précision quasi mathématique qui n'empêche pourtant pas certains membres du club de trouver, entre deux traits décochés, l'inspiration nécessaire à l'écriture d'un poème dédié aux archets chalabrois :
Les archers chalabrois
Sont peu nombreux
Mais ont la foi,
Qu'ils soient deux, quatre ou trois,
Ils sont toujours heureux
De vider leur carquois.
Ils s'entraînent en semaine,
Au gymnase quand il fait froid
Dehors, quand ils ont la veine
D'avoir un soleil qui flamboie.
Même lorsque survient le pire :
La flèche qui heurte le bois,
Ils gardent toujours le sourire
Car ils décochent dans la joie
Les archers chalabrois.
Et même quand ils seront morts,
Sous terre, ils banderont encore...
Leur arc, cela va de soi,
Les vaillants archers chalabrois ».
(Edmond Arnou)
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : edmond arnou, tir à l'arc, foyer d'éducation populaire
19.01.2010
Chalabre au jour le jour ou la fin d'une belle aventure industrielle
Le site des Ets Canat dans les années 1960 (au premier plan, photo Mazon)
Au milieu du siècle dernier, « le rayonnement des chaussures Canat s'étendait sur tout le territoire de l'Union française et des pays voisins » (Marie-Louise Saddier, Tome VI « Il était une fois Chalabre »). Avec un potentiel industriel de pointe, une production et un savoir-faire d'un haut niveau de qualité, les Ets Antoine Canat auront incontestablement favorisé l'essor industriel du pays chalabrais (voir l'historique détaillé de la société dans ce même Tome VI, rédigé sous la plume de Robert Roncalli). Le texte qui suit retrace au jour le jour les événements qui ont précédé la fin de la longue et florissante histoire entre les Chalabrois et la Famille Canat. C'était il y a tout juste 35 ans.
Les événements de 1968 avaient déjà ébranlé l'édifice Canat, et en 1972, la direction de la manufacture de chaussures procède à un premier dégraissage de ses effectifs. Un pallier est franchi avec l'arrivée d'un nouveau paramètre, le personnel est invité à appréhender la notion de rendement. En 1973, le groupe Mapa-Hutchinson devenu propriétaire de l'usine Canat après avoir fusionné avec la CFP (Compagnie Française des Pétroles, future société Total), informe le comité d'entreprise qu'il envisage de liquider l'usine de Chalabre. Les raisons motivant cette décision restent floues, mais le terme "délocalisation" semble déjà promis à un bel avenir. A Chalabre, 335 emplois sont en jeu.
Au cours de l'année 1974, l'ombre du couperet va obscurcir le ciel chalabrois et le sursis accordé au site audois vit ses derniers mois. Le 12 décembre, une première manifestation pour l'emploi est organisée à Limoux. Le 16 décembre, René Boyer maire de Chalabre et Jean Tisseyre conseiller général du canton demandent audience à M. le sous-préfet de Limoux pour lui faire part des inquiétudes au sujet des licenciements à l'usine Canat-Hutchinson. Ils interviennent le 19 décembre à Paris auprès de M. Varocco, chef de mission auprès du ministre de l'industrie, accompagnés du député Robert Capdeville et du préfet Charles Gosselin.
Le 7 janvier 1975 les premières décisions de licenciement sont annoncées. Le 9 janvier c'est l'occupation de l'usine, avant la création le 11 d'un comité de défense. Le 13 janvier manifestation à Carcassonne. Le 21, le président du conseil régional M. Tailhades vient à Chalabre. 24 janvier, visite chez le préfet Charles Gosselin où Christian Canat propose de reprendre la direction de l'usine. 25 janvier, visite de Paul Laurent, membre du comité central du Parti communiste. Le 27 se tient un meeting ouvrier à Espéraza (prises de parole des syndicats CGT, FO, FEN et à la conclusion, intervention de René Boyer maire et président du comité de défense). Les 28, 29, 30 et 31, meetings à Lavelanet, Quillan, Castelnaudary et Lézignan.
4 février, meeting à Narbonne, le 5 à Carcassonne. Le 8, question écrite de Paul Laurent à l'assemblée nationale. Le 11, le Parti communiste est reçu par le préfet, l'affaire de Chalabre est portée devant le conseil régional. Le 12, manifestation à Montpellier, près de cent Chalabrois sont présents, une délégation est reçue par M. Blanc préfet de région. Le 25, René Boyer et l'union départementale des syndicats sont reçus par le préfet afin d'obtenir du groupe Hutchinson qu'il fournisse du travail à son usine de Chalabre.
Le 2 mars, une manifestation à Limoux réunit plus de 5000 participants. Le 4, un montage audio-visuel réalisé par la Faol est présenté au CES du Viguier de Carcassonne puis au CET de Castelnaudary. Même opération le 5 au foyer d'éducation populaire (Fjep) d'Alairac, le 7 à l'Ecole Normale de Carcassonne et au Fjep du Viguier, le 11 à Peyriac-Minervois. Ces présentations sont suivies d'un débat portant sur la situation à Chalabre. Le 14, réception à Paris au ministère de l'Industrie et du Travail d'une délégation composée des UD, des ouvriers, de Jean Tisseyre et de René Boyer. La délégation est composée d'une quarantaine de personnes. Le 15 mars, participation chalabroise à une réunion du comité « Volem viure al pais ». Le 17 à Chalabre, meeting d'Henri Krasucki secrétaire général adjoint de la CGT. Le même jour réunion avec le comité de défense et compte-rendu de l'entrevue aux ministères à Paris. Le 19, présentation à Alet du montage audio- visuel réalisé par la Faol. 20 mars, meeting à Chalabre de Claude Estier, secrétaire national adjoint du PS. Le 21, M. Camy, chargé de mission du ministère du travail rencontre à Carcassonne les UD, les ouvriers et les élus. Les conclusions de M. Camy sont les suivantes : « le dossier de reclassement est trop léger, la rupture du contrat ne peut être acceptée ». Le même jour, visite de deux classes de terminale du lycée de Castelnaudary. Le 27 mars, Christian Canat adresse une lettre à tous les ouvriers, dans laquelle il propose son plan : le réembauchage dans un premier temps de 140 personnes, pour arriver dans un laps de temps de 3 ans à 300 embauches. Réuni en assemblée générale le 28, le personnel des Ets Canat-Hutchinson rejette les 170 licenciements. Le soir même à Conques sur Orbiel, présentation du montage audio- visuel, avant une prestation de Mans de Breisch et des « Rosamunda ».
Le 4 avril, réunion publique au théâtre municipal où la population de Chalabre valide le rejet des 170 licenciements. Le 8, la presse parisienne descend à Chalabre, le Figaro, France-Soir et l'Humanité envoient leurs journalistes. Le 10 est une journée « Chalabre Ville morte », à l'occasion de la venue de M. Herr, représentant de la direction Hutchinson. Celui-ci refuse la discussion avec le comité d'établissement et reste à Limoux. A la suite de cette décision, une assemblée des travailleurs se tient au théâtre municipal. Le 11 avril, réunion du comité central d'entreprise à Paris. Le CCE apprend la liquidation de l'usine de Chalabre. Le 12, opération « Portes ouvertes » à l'usine. Toutes les entreprises du département viennent visiter le site chalabrois. Les Tanneries d'Annonay sont présentes et ont amené un contingent de peaux destinées à être vendues au bénéfice des « Canat ». Des pétitions sont déposées dans les entreprises. Le 14, réunion du comité de défense. Le 18, venue de M. Massacré, PDG adjoint du groupe Hutchinson-Mapa. Une manifestation silencieuse est organisée à cette occasion, il n'y aura aucun incident. Le 21, une séance du conseil général est principalement consacrée à la situation de l'usine de Chalabre. Une délégation ouvrière est présente. Le 22, audience chez le préfet pour l'union départementale des syndicats (CGT, FEN, CFDT). Le 30, question orale à l'assemblée nationale du député Robert Capdeville.
Le 1e mai à Chalabre est unitaire, avec meeting au théâtre municipal et défilé dans les rues. Le 3, réunion du comité de défense. Le 10, réception du préfet à Chalabre et mini manifestation devant la mairie. Présence de Christian Canat et de son fils Jean-Pierre. Chacun reste sur ses positions. Le 16 mai, les ouvriers barrent la voie ferrée à Carcassonne et distribuent un tract expliquant leur action. Pas d'incident. Le 24, séance extraordinaire du conseil municipal de Chalabre dans les locaux du conseil général à Carcassonne, en présence des élus et de l'UD des syndicats. Le 26, présentation du montage audio- visuel au CES de La Conte. Le 29 mai, occupation de la Basilique Saint-Nazaire et Saint Celse à la Cité de Carcassonne.
Le 3 juin, table « ovale » à l'Inspection du Travail à Carcassonne, en présence des syndicats, des ouvriers, de M.Massacré, et des inspecteurs du travail, pour une première concertation. Le 5, les occupants reçoivent la visite de Gaston Bonheur à la Basilique. Le 6, Claude Marti chante une chanson de sa création sur Chalabre. Le 13, manifestation surprise des ouvriers devant le siège parisien de la Compagnie Française des Pétroles. M. Grosnier le PDG refuse de recevoir la délégation. Le 16, assemblée générale des ouvriers et démarrage du Plan Canat. 170 ouvriers se retrouvent sans emploi. Le 19 juin, fermeture des mairies de l'Aude, décision de collecte dans le département à l'aide d'enveloppes. Les ouvriers quittent la Basilique avant une manifestation dans les rues de Carcassonne et le dépôt d'une motion au préfet. Le 24 juin, nouvelle manifestation pour l'emploi à Carcassonne.
Le 1e juillet 1975, la page Hutchinson est tournée, une nouvelle raison sociale naît au pied du Calvaire et le pays chalabrais va se familiariser avec l'entité Canat S.A. En 1979 cette dernière devient la meilleure exportatrice du Languedoc-Roussillon. En juillet 1983, la Sté Canat S.A passe en SCP (société civile professionnelle) et le 2 janvier 1985, Christian Canat cède les rênes à son fils Jean-Pierre. En mars 1986, l'industriel Bernard Durand, fils d'Albert le marchand de cycles de la Rue Terre-Blanche et chef d'entreprise à Saint-Palais (64), prend le relais en conservant quarante employés. Le 21 janvier 1988, un incendie nocturne d'origine indéterminée signe l'arrêt définitif de la production de chaussures à Chalabre.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : canat sa, hutchinson-mapa, cfp, tanneries d'annonay, total
04.01.2010
La croix de l’Esturgat
Le vent froid et glacial souffle sur les genêts et les genévriers.
Hiver après hiver, là-haut sur la colline de l'Esturgat, une bise froide et glaciale vient balayer genêts et genévriers que les premières neiges recouvrent. Et là, en surplomb des vallées du Blau et du Chalabreil, la ferme inhabitée de l'Esturgat garde le mystérieux secret d'une fin tragique, dont le souvenir est perpétué par une croix érigée au bord du sentier d'accès en crête. Ce monument battu par tous les vents évoque la mémoire d'une jeune bergère assassinée voilà un peu plus d'un siècle, et porte ces mots gravés dans la pierre : « A la mémoire de Anne Fabié assassinée le 7 mai 1854. Passant priez pour elle ».
Un meurtre pour lequel le véritable coupable ne fut en réalité jamais inquiété. Rapidement soupçonné puis accusé, le fiancé de Anne Fabié sera condamné pour homicide et envoyé au bagne de Cayenne, payant ainsi pour une faute qu'il niera toujours. Nombre d'années plus tard, l'abbé Casimir Blancard, premier curé de la paroisse de Montjardin fut appelé au chevet d'un mourant. Peu avant d'administrer l'extrême-onction, l'ecclésiastique allait recueillir les confessions de celui qui avait commis le funeste forfait. A St Laurent du Maroni cependant, il était trop tard pour ce fils de Villefort qui, depuis, repose en paix en terre de Guyane. Il y eut réhabilitation certes, mais elle fut posthume.
07:50 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anne fabié, casimir blancard, montjardin, villefort
26.12.2009
Catinou et Jacouti ont fêté leurs noces d’or en Kercorb
(Cet article est paru dans l'édition du mercredi 8 janvier 1997 du journal L'Indépendant. Depuis lors, Catinou et Jacouti ont soufflé beaucoup d'autres bougies d'anniversaire, mais ont également dit adieu à Charles Mouly leur créateur, décédé en cette année 2009).
La Catinou radieuse avec le Jacouti.
Accueillir sur les planches du théâtre municipal de Chalabre les comédiens du théâtre de la Rampe et du théâtre de la Carrièra représentait un formidable pari qui a permis à Car'Al'Oulo de débuter sa saison culturelle par un incontestable succès, venu clôturer en beauté l'année 1996. Les acteurs d'Occitanie 39-45 ont offert au nombreux public venu des quatre coins du canton un spectacle à deux visages racontant le coeur de la société occitane et sa lutte pour sa survie face à la tragédie de la guerre. L'atmosphère lourde et tendue de « la Crotz erbosa », drame poignant et fort qui témoigne de l'angoisse des campagnes face à l'exode rural (photo ci-dessous), a ensuite cédé la place à la truculence des célébrissimes Catinou et Jacouti. Les performances de Georges Besombes, Jean-Louis Blenet, Peire Brun, Teresa Canet, Laurent Cavalié, Bruno Cécilion et Véronique Valéry ont littéralement soufflé un parterre friand des avatars de ce couple infernal qui vient de fêter allègrement un demi-siècle de délires.
Au terme de trois heures d'éclats de rire sur les ondes, le public complice a consenti bon gré, mal gré à tourner le bouton de la T.S.F. « Radio Minjocèbos, que bous ajudo a bous mantener aluserpits et regaudits » avait une nouvelle fois tapé dans le mille grâce aux talents de la troupe de la Rampe et de la Carrièra.
Tard dans la nuit, les comédiens ont retrouvé leurs hôtes, afin de partager place Charles Amouroux une soupe à l'oignon préparée par l'équipe de Car'Al'Oulo, soucieuse de perpétuer entre autre choses, la convivialité d'antan (photo ci-dessous). Merci à Car'Al'Oulo et bon anniversaire à « Catinou e son arganhol de Jacouti ! ».
09:16 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : car'al'oulo, catinou et jacouti, théâtre de la rampe, théâtre de la carrièra
07.12.2009
Nos soldats du feu bénévoles depuis plus d’un demi-siècle
En décembre 2000, les hommes de l'adjudant-chef Alain Cayrol recevaient la fourragère des sapeurs-pompiers, pour acte de dévouement manifesté lors des tragiques inondations de novembre 1999, qui avaient durement affecté les « pays bas » audois. Une cordelière aux couleurs de la légion d'honneur que les pensionnaires du centre de secours Charles Jean Cabanier allaient alors dédier à leurs aînés, à la veille des 50 ans d'existence du corps chalabrois. Dans le Tome IV édité en avril 1999 par « Il était une fois Chalabre », Robert Roncalli revient sur les circonstances qui ont amené à la création du premier groupe d'intervention incendie en Kercorb.
« Le 10 avril 1950, Maurice Samitié alors maire de Chalabre faisait connaître aux membres de son conseil municipal que leur commune avait été désignée comme centre de secours contre l'incendie par la commission spéciale du département, sous réserve qu'elle s'engage : à acquérir le matériel spécialisé représentant une somme globale de 1 902 500 F (anciens), à créer un corps de 18 hommes au moins, 25 au maximum (conformément au décret du 13.08.1925), à créer les points d'eau qui seront demandés par le service départemental d'incendie. Les subventions s'élèveront à 40% de l'Etat et 30% du département. Restera à la charge de la commune la somme de 570 000 F.
Jean Cabanier est contacté par Maurice Samitié pour voir s'il peut recruter les volontaires.../... Personne à Chalabre n'est plus apte que Jean pour mener à bien cette délicate mission. L'appariteur connaît tout le monde. De plus, c'est lui qui, bien avant que l'Etat et le département ne s'en mêlent a dirigé les batailles contre le feu. Il n'y avait pas de sirène, pas de caserne, pas de pompiers.
Dans une remise municipale, à côté du corbillard hippomobile et du tombereau des ordures, se trouvait le matériel d'incendie : deux ou trois douzaines de mètres de tuyaux en cuir confectionnés avec des rivets en cuivre, et une pompe à bras.../... Faire monter la pression de cette archaïque mécanique nécessitait la force musculaire de quatre hommes qui s'échinaient en ahanant sur les barres de bois.../... Avec la création du corps, le matériel, les casques et les premiers uniformes furent achetés. Un Dodge, une moto-pompe Hotchkiss tractable et une plus petite que l'on chargeait sur le Dodge furent livrés.../...
Un petit local fut loué en ville, à côté de l'immeuble Castres Saint-Martin (voir photo), et l'archaïque pompe à bras fut définitivement garée au fond de la remise du corbillard ».
Jean Cabanier restera aux commandes jusqu'aux environs de 1970, avant de passer le relais à Mario Roncalli qui décèdera hélas en février 1975. Jean Cabanier assurera l'intérim, avant que Roger Laffont n'accepte la responsabilité du centre jusqu'en mars 1984. La même année, le futur adjudant-chef Alain Cayrol se voyait confier la direction du centre, responsabilité qu'il assumera jusqu'en décembre 2001. Avec l'année 2002, le centre de secours accueille à sa tête le sergent-chef Stéphane Ferrier, actuel chef de corps élevé depuis au grade d'adjudant-chef. En souvenir de son fondateur, le centre de secours porte aujourd'hui le nom de Jean Cabanier. (A noter que près de cent ans auparavant, le 11 janvier 1852, le maire Anduze-Faris avait déjà créé à Chalabre un corps de sapeurs-pompiers, fort de 24 « hommes de feu »).
Hommage aux anciens, sur la photo ci-dessous, les soldats du feu de la première heure posent devant la « caserne » du Cours Docteur Joseph Raynaud (de la gauche vers la droite):
Sur la pompe à bras : Joseph Biart, Roger Laffont, Léo Abat.
Debout : Jean Cabanier, Mario Roncalli, Lucien Dumons, Albert Durand, Marcel Triat, Antoine Escande, Alban Faure.
Accroupis : Georges Pendariès, André Conte, René Vernet, Georges Subreville, Aimé Catrier, Eloi Alabert.
Absents sur la photo, René Salinas et Pierre Fournié.
N.B : Un nouvel album photo "Il était une fois Chalabre" a été mis en ligne.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean cabanier, soldats du feu, pompe à bras
28.11.2009
La vierge miraculée de l’Hôtel de France
L'hôtel après sa destruction.
Au mois de mai 1908, un violent orage provoquait l'incendie qui allait entièrement détruire l'Hôtel de France, sur le Cours National. La foudre tombée sur les écuries remplies de foin réduisait à l'état de ruines fumantes un édifice appartenant alors à Joseph Courrent, chef cuisinier renommé.
S'il n'y eut par bonheur que des dégâts matériels, un fait troublant allait pourtant susciter bien des interrogations. Au beau milieu des décombres retirés après le sinistre, la statue d'une vierge à l'enfant en bois polychrome fut retrouvée intacte, épargnée par un brasier qui avait eu raison d'une construction contemporaine de la Révolution de 1789. Cet événement dans l'événement ne manqua pas d'être diversement interprété tandis que l'hôtel assuré depuis 1857 auprès de la Cie Phénix allait renaître de ses cendres, reconstruit de façon plus moderne et confortable, dans sa forme actuelle.
La statue épargnée.
Lors de la journée inaugurale du « Modern Hôtel de France », Henri Rascol qui fut maire de Chalabre de 1905 à 1919 devait prononcer un discours chaleureux qu'il concluait en s'adressant aux jeunes filles de l'assemblée : «Quant à vous, Mesdemoiselles, qui par votre gracieuse présence, augmentez la vision du printemps que la nature inclémente nous refuse, je bois à vos plus douces espérances. »
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hôtel de france, incendie, joseph courrent
14.11.2009
C’était un vendredi 13
Le stock de résines synthétiques de T2L Chimie est parti en fumée.
C'était en novembre 1987 et c'était un vendredi 13 à 13h, une épaisse colonne de fumée s'échappait du site industriel installé au pied de la colline du Calvaire. Malgré l'intervention immédiate des sapeurs-pompiers de la caserne Jean Cabanier, le sinistre aussi soudain que dévastateur allait rayer du paysage en moins de quatre-vingt dix minutes, une unité de pointe implantée en Kercorb, dix ans auparavant. La nuit tombera sur une vision de ruines et de désolation, il ne reste alors plus rien de T2L Chimie.
Paul Diatchenko, Patrick Privat et Didier Arnoux rassembleront leur énergie et l'entité au sigle mystérieux renaîtra de ses cendres un mois et demi plus tard, sur la plaine de Quillan. La suite est une autre histoire mais en ce vendredi 13 novembre 1987, le champignon noirâtre visible depuis les contreforts de la Montagne noire avait fait craindre une catastrophe écologique. Inquiétudes vite dissipées puisque le seuil de dilution des fumées toxiques ne fut ce jour là jamais critique. Seul en définitive, le poumon industriel du Kercorb allait souffrir des retombées de ce nuage chimique.
L'atelier de fabrication au lendemain du sinistre.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : t2l chimie, vendredi 13
05.11.2009
Le Kercorb a l’oreille musicale
Au cours du mandat confié en 1931 à l'équipe municipale et à son premier magistrat Emile Fitaire, les Chalabrois désireux d'apprendre le solfège furent invités à se faire connaître auprès des services de la commune. Ce projet allait être favorablement accueilli d'autant que la méthode proposée était entièrement gratuite. Très vite une trentaine d'enfants vont régulièrement se retrouver au rez-de-chaussée de la mairie (actuel secrétariat) où Auguste Arnou s'évertue à leur transmettre sa passion pour la musique. Facile pour certains, hermétique pour d'autres, le dur apprentissage du solfège va en décourager plus d'un, si bien que les rangs s'éclaircissent devant la baguette improvisée mais néanmoins experte de M. Arnou. Quelques élèves réussiront à se familiariser avec les blanches, les noires et autres doubles croches, pour accéder à la récompense suprême, jouer d'un instrument de musique. Nos jeunes musiciens mettront alors leurs dons au service de la fête pour animer les bals, jusqu'à la guerre et l'interdiction de toute manifestation festive.
Bravant cet interdit, Augustin Sibra et ses amis solistes se retrouvent un soir à Philippou (près de la gare de Rivel) où ils ont été invités à animer un «bal clandestin ». Les accords finissent par attirer l'attention et une descente des gendarmes de Chalabre met fin aux réjouissances, les danseurs ont juste le temps de s'éclipser mais les musiciens et leurs instruments sont piégés par la maréchaussée. C'est la catastrophe, d'autant que certains d'entre eux risquent alors un départ vers l'Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire (STO). Parmi les musiciens se trouve Louis Amat, neveu de Marie-Jeanne Pons (épouse d'Antoine Pons), laquelle intervient auprès de la brigade en soulevant un détail de taille : Philippou se trouve sur le territoire de l'Ariège, les gendarmes chalabrois sont donc intervenus sur un périmètre dont ils n'avaient pas la responsabilité. Plus grave, ils ont agit sans autorisation, celle que le commandant de brigade de Laroque d'Olmes dont dépend le secteur, était le seul habilité à délivrer. En deux temps trois mouvements l'affaire est réglée, l'anecdote est rangée au fond du sac à partitions et nos musiciens signeront leur premier contrat d'après-guerre à Mérial puis Pomy, Rennes-le-Château, Coustaussa, et bien d'autres encore.
Le Sonore ou le Majestic seront le nom des formations animées par Augustin Sibra et ses partenaires, dans le même temps qu'un autre groupe chalabrois, cher à René Berland, Joseph Garcia, Gaston Costes, Hubert Barthoulot et Henri Quimeso, le fameux Novelty. Aujourd'hui les virtuoses de l'O.P.V.C ont pris le relais au pupitre, formés pour certains par Augustin et ses disciples. Et ce qu'ils ont surtout retenu, c'est que la gratuité du solfège fut en son temps, une belle initiative municipale.
Autour d'Augustin Sibra, les solistes du futur orchestre « Le Sonore ». Debout de gauche à droite : Louis Jean, Josette Grivel, Augustin Sibra, Pierre Taillefer, Félix Calvène, René Salinas. Au premier plan : Henri Désarnaud, Armand Gabanou, Fernand Pont.
07:00 Publié dans C'était hier | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emile fitaire, opvc, augustin sibra, rené berland, sonore, majestic, novelty














