22.06.2018

Lescale : Suzanne Deloustal nous a quittés

suzanne deloustalLe 8 juin dernier, Suzanne Deloustal a rejoint sa dernière demeure. Nombreux étaient présents à l'église et au cimetière de Lescale, la famille, les amis, pour l'accompagner encadrée par les drapeaux des Anciens Combattants, du Souvenir Français et des Anciens du Maquis de Picaussel (Photo août 2017, Suzanne Deloustal avait reçu le diplôme du Souvenir Français).

Suzanne était née le 8 mars 1932. Elle avait 12 ans en 1944, quand le village fut incendié. Commencèrent alors de longues années de misères, un an d'errance et puis dix, dans des baraques de récupération au confort rudimentaire. Pas d'eau, pas de sanitaire, le froid était vif en hiver et l'air brûlant en été. La solidarité heureusement y régnait et ce n'était pas un vain mot. La reconstruction arriva et après onze longues années dans ces baraques, les habitants furent relogés dignement.

De toutes ces années point d'amertume chez Suzanne, la vie au village a repris son cours. Ces quatre enfants partis, elle s'investit avec beaucoup de ferveur et de talent dans ce qui est « la Baraque du Souvenir ». Les scolaires l'écoutaient en silence. Elle était le porte-parole de ceux qui n'étaient plus. Elle était l'incarnation des valeurs françaises.

Un dernier hommage lui a été rendu, au coeur d’un hameau en deuil et qui pleure celle qui fut l'amie de tous. En ces douloureuses circonstances, très sincères condoléances à tous ceux que cette disparition affecte.

Par les textes mis en ligne, les proches de Suzanne Deloustal ont souhaité honorer le souvenir et les engagements d'une des dernières mémoires du hameau de Lescale.

Suzanne Deloustal née Bennes

Le hameau de Lescale est triste, il pleure son point de repère et sa mémoire en la personne de Suzanne Deloustal, décédée le 6 juin 2018. Elle a rejoint sa dernière demeure le 8 juin, au cimetière de Lescale, avec les drapeaux des Anciens Combattants de L'Aude, des Anciens du Maquis de Picaussel, du Souvenir Français section de l'Aude, accompagnée de sa famille, des amis, des habitants de Puivert et du Chalabrais, qui durant sa période de vie (1932-2018) ont eu le plaisir de la rencontrer.

Lescale, un des hameaux de la commune de Puivert, bâti au pied du plateau de Sault, l'a vue naître le 8 mars 1932 de la famille Bennes qui comprenait déjà cinq enfants. A cette époque, Lescale abrite environ 135 habitants y compris les enfants confiés aux familles par l'Assistance Publique. L'école du hameau compte 30 élèves, Suzanne très jeune ira à l'école puisque nous la découvrons dans une classe de Madame Alary en 1934. Les bancs de cette école, elle les fréquentera jusqu'au certificat d'étude. Elle quittera une première fois son hameau pour le collège filles de Limoux, afin d’ y suivre le cycle secondaire jusqu'au brevet d'études qu'elle passera brillamment.

Cycles d'études mais aussi intégration, dans la vie familiale de cette famille de sept enfants dont le père Louis Bennes est cantonnier, et dans la vie de ce hameau qui vit de ses cultures mais surtout des métiers de la forêt. Les habitants vivent dans des pauvres maisons et dans des conditions précaires.

Entre 1943 et 1944 la résistance s'organise dans l'Aude, avec le maquis de Picaussel animé par Lucien Maury instituteur du hameau. Un premier élément de jeunes dont certains de Lescale, s'installe dans une grotte au-dessus du hameau, ils sont ravitaillés par les habitants de Lescale. Le maquis se déplacera ensuite sur le plateau où les parachutages auront lieu. La grange de la famille Vidal de Lescale abritera le poste de commandement. Marius Olive, un autre instituteur co-organisateur du maquis dira lors d'une commémoration que « sans Lescale le maquis n'aurait certainement pas existé ». Et puis le hameau sera incendié en août 1944, Suzanne avait douze ans, et ses habitants vivront dans des baraques jusqu'en 1955, 1956.

C'est dans cet environnement difficile que Suzanne va se forger un solide caractère, empreint de solidarité, de travail, de convivialité. Son envie de famille fera qu'elle abandonnera les études pour fonder un foyer en 1950 avec Marius Deloustal, un enfant du hameau. Ils vivront quelques années à Chalabre et travailleront à l'usine de chaussures. Deux enfants naîtront. En 1956 ils pourront regagner Lescale et une maison bâtie dans le cadre du programme de reconstruction du hameau, deux autres enfants naîtront.

L'association « les Amis de Lescale » créée en 1999 a proposé la construction d'une « Baraque du souvenir » pour entretenir la mémoire du hameau. Sollicité par les élus locaux, le Conseil général de L'Aude très sensible à la mémoire collective de la seconde guerre mondiale, a accompagné ce projet et fait réaliser cette construction en 2011.

La Direction des Archives Départementale de L'Aude, L'Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance de L'Aude, le Souvenir Français se sont associés à ce projet. Le rectorat de Montpellier a jugé ce projet intéressant pour s'adresser à un public scolaire. On trouvera Suzanne Deloustal en tant que témoin dans son documentaire sur « Ces audois qui ont osé dire non ».

suzanne deloustal

L'exposition dans la baraque sera réalisée par les Amis de Lescale, l'association, dont elle était membre actif en tant qu'adjointe au secrétariat, devra beaucoup à Suzanne, particulièrement par ses informations des événements tragiques d'août 1944 et de la vie du hameau par la suite.

Dans la poursuite des actions de l'association des « Amis de Lescale » auprès du public scolaire, Suzanne sera donc préparée et désignée pour transmettre la mémoire de notre hameau. Elle assurera ce service avec responsabilité en donnant beaucoup de détails et en répondant aux questions des jeunes de 2011 jusqu'au début de l'année 2018. Une fatigue générale l'emportera.

Elle nous laisse un héritage important. Merci Suzanne. Ta mémoire restera associée à la « Baraque du Souvenir ».

suzanne deloustal

06:00 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suzanne deloustal |  Facebook | | |

21.06.2018

Mariano Gimenez nous a quittés

Gimenez Mariano 10 juillet 2005.JPGLa communauté chalabroise a rendu un dernier hommage à Mariano Gimenez, décédé à l’âge de 91 ans en son domicile du Cours Colbert. Originaire de Magallòn, village de la province espagnole de Saragoza, où il était né le 10 décembre 1926, Mariano Gimenez était le cadet d’une famille de trois enfants. Son enfance sera marquée par le conflit fratricide qui renversera la République espagnole. Du haut de ses 10 ans, il fait brûler accidentellement un symbole à l’effigie du caudillo, ce qui lui vaut une dénonce et une mise en prison durant une nuit, avec menace d’être passé par les armes, alors que son frère aîné Esteban avait été exécuté quelques jours auparavant. Il écope au final d’un mois de travaux d’intérêt général, nettoyant les fossés, une expérience qu’il n’oubliera pas. Malgré de réelles dispositions, il ne pourra poursuivre son apprentissage scolaire, il seconde alors son père au travail de la vigne. Autodidacte, sachant lire écrire et compter, il trouve un emploi de garde-champêtre, jusqu’en 1955 et son départ pour la France. Mariano Gimenez change d’horizon aux côtés de Concha qui partage sa vie depuis 1953, il travaillera dix ans durant comme métayer à la ferme La Nouvelle du Duc de Lévis de Mirepoix, avec toute sa famille. Assumant de pair travail à la ferme et travail à l’usine Canat de Chalabre. Il terminera sa carrière en Pays d’Olmes, au sein de la société textile Roudière.

Expert en jardinage, très présent dans la vie associative du village, Mariano Gimenez ne manquait jamais d'humour, comme s’en souviendront les amis du club cyclotouriste du Chalabrais, du club de pétanque ou de la chorale Eissalabra. Cette dernière lui rendra un émouvant hommage en chansons, au cours de la cérémonie religieuse célébrée sous la nef de l’église Saint-Pierre.

En ces douloureuses circonstances, très sincères condoléances à Concha son épouse, Marisol sa fille, Eric son beau-fils, sa petite-fille Marjorie, Maxime et Olivia ses arrières petits enfants, à toutes les personnes que ce deuil afflige.

mariano gimenez

Avec les Cyclos du Chalabrais, Les Cèdres, Février 1995

mariano gimenez

Avec les amis pétanqueurs, Place Charles Amouroux 14 juillet 2006

mariano gimenez

Avec la chorale Eissalabra, Montjardin 24 mai 2015

06:00 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mariano gimenez |  Facebook | | |

17.06.2018

Carnet noir

alain mamet

La cérémonie des obsèques religieuses de Monsieur Alain Mamet, décédé à l’âge de 55 ans, sera célébrée lundi 18 juin à 15 heures, en l'église de Villefort. La crémation aura lieu le mardi 19 juin à 13 h 30, au crématorium de Trèbes.

 

06:05 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : alain mamet |  Facebook | | |

08.06.2018

Carnet noir

suzanne deloustal

La cérémonie des obsèques religieuses de Madame Suzanne Deloustal née Bennes, décédée à l'âge de 86 ans, sera célébrée aujourd’hui vendredi 8 juin à 15 heures, en l'église de Lescale.

06:00 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suzanne deloustal |  Facebook | | |

07.06.2018

Yvette Saurel n’est plus

yvette saurel née ricautMercredi 23 mai, un dernier hommage était rendu à Yvette Saurel née Ricaut, décédée à l’aube de ses 95 ans. Aînée d’une fratrie de cinq enfants, Yvette était née à Chalabre le 22 juin 1923, mais elle passera une partie de son enfance à Marseille, où son père travaille pour la compagnie générale transatlantique de navigation. Lorsque la guerre éclate, elle retrouve Chalabre, accompagnée de son frère et de ses sœurs. Ils sont accueillis au sein de la famille Laffont, leurs grands-parents, boulangers dont le commerce arborera plus tard, l’enseigne de la Maison Huillet.

A la fin du conflit, Yvette retrouve ses parents et vit son adolescence à Marseille, gardant le contact avec Chalabre à la faveur des vacances. Pendant lesquelles elle fait la connaissance de Sylvain Saurel, jeune Chalabrois de retour à la vie civile, après avoir combattu au Maquis de Picaussel, et avec la Première Armée Française. Ils officialisent leur union le 18 novembre 1949, et verront grandir à leurs côtés leurs deux enfants, Martine et Alain.

Dévouée à sa famille, avec beaucoup d’amour et de simplicité, elle prenait plaisir à recevoir ses petits-enfants. La disparition de Sylvain, puis son admission à l’Ehpad des Hauts-de-Bon-Accueil, affecteront fortement son existence, mais elle avait tenu à rester à Chalabre, son village, auquel elle était très attachée.

Au terme de la bénédiction célébrée en l’église Saint-Pierre, Yvette Saurel a été inhumée aux côtés de son époux Sylvain, décédé le 4 mai 2014. En ces douloureuses circonstances, sincères condoléances à Alain et Martine ses enfants, à ses petits-enfants, Sandrine, Pascal, Priscilla, Clément et Nicolas, à ses arrière-petits-enfants Inès, Lucas, Luke et Fabien, à toutes les personnes que ce deuil afflige.  

04.06.2018

Joseph Vidiella n’est plus

joseph vidiellaLa triste nouvelle est parvenue depuis Nice où il résidait, Joseph Vidiella est décédé à l’âge de 77 ans, à la suite d’une courte mais foudroyante maladie. Joseph était né le 30 novembre 1940 à Vicdessos (Ariège), où ses parents Mariana et Michel, réfugiés espagnols, s’étaient retrouvés après leur sortie des camps de concentration. La famille quittera la vallée du Sabarthès pour Sonnac-sur-l’Hers (Aude), car l’emploi autour des barrages hydroélectriques de la région génère de trop faibles revenus. Tandis que Michel, le père, exerce les métiers de bûcheron et charbonnier dans les forêts du Chalabrais, Joseph accomplit sa scolarité à Sonnac, jusqu’au certificat d’études. Avant de se former au métier de boulanger, il est apprenti chez Sandral, cours Colbert à Chalabre, demi-boulanger à Loupia, et ouvrier boulanger à Lavelanet.

Appelé sous les drapeaux, il effectue onze mois à Metz et treize mois à Souk-Ahras, tout près de la frontière tunisienne. Période durant laquelle il décrochera le concours de facteur, débutant sur les hauteurs de Montmartre à Paris, avant d’être muté à Nice où se dérouleront principalement sa carrière, et son engagement militant, indissociables. Responsable syndical de la distribution et acheminement au niveau local, départemental puis régional, il exercera un mandat à la commission exécutive nationale de 1978 à 2000, administrateur dans le même temps de la CPAM de Nice et président de la commission sanitaire et sociale. En octobre 2000, Joseph Vidiella avait été élevé au grade de chevalier dans l’ordre national du Mérite.

Aux côtés de Fernande Darmon son épouse, il partageait le goût des voyages et suivait assidûment les festivals de jazz de Nice, Antibes Juan les Pins, ou les programmes de l’Opéra de Nice. Joseph Vidiella n’a jamais oublié les valeurs et la modestie de ses origines. Courageux et méthodique, il se sera battu jusqu’au bout, pour la tolérance et la solidarité.

En ces douloureuses circonstances, sincères condoléances à Fernande son épouse, à son frère Michel, à tous ses proches et amis.

05:55 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joseph vidiella |  Facebook | | |

31.05.2018

Carnet noir

Gimenez Mariano.JPG

La cérémonie des obsèques religieuses de Monsieur Mariano Gimenez, décédé à l'âge de 91 ans, sera célébrée demain vendredi 1er juin à 10 h 30 en l’église Saint-Pierre de Chalabre, suivie de l’inhumation au cimetière du village.

10:00 Publié dans Carnet noir | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariano gimenez |  Facebook | | |