18.09.2018

« Garçon ! »

« Je ne connaissais pas ces photos. Les souvenirs ne partent guère en fumée... du café de la Paix à l'hôtel de France, il n'y avait qu'un pas. Mais pas que.... A François, Gilbert, Jean-Claude, Guy, José et Christian, qui ont touché au piano, plateau et torpilleur... Sans oublier Yvette et Annie, Jean-Pierre, Simone, Francine et Patrick, qui ont malgré eux, vécu le métier ».

Ces paroles laissées en commentaire par « Cine », après la mise en ligne d'une information publiée le jeudi 16 septembre 1993 (C’était hier : Le café de la Paix victime des flammes), viennent en préambule d'un poème, retranscrit ci-après :

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Ascension 1956

De gauche à droite : René Huillet, Marcel Ferrand (derrière), François Calvet, François Sanchez, Luc Papaïs (baptême sur un plateau), Lucien Papaïs. Les petites filles, Marie-Claire Costa, Viviane Papaïs. 

  

Pantalon noir chemise blanche,

Ces hommes-là, quelle élégance.

En gilet noir et veste blanche,

Regardez donc, quelle prestance !

 

Chaussures noires bien cirées

Ces hommes-là, que de dimanches,

Boutons manchettes, nœud amidonné,

Partaient retrousser leurs manches.

 

Plateau haut perché, à plat sur la main

Ces hommes-là, avec grande aisance

Faisaient valser tasses et verres pleins

Mais admirez donc : quelle assurance !

 

Les pas fusaient du zinc à la terrasse

Ces hommes-là, rythmés par la cadence

Sans qu'aucun ne faiblisse ou traînasse

Toréaient entre tables et piste de danse.

 

Sourire aux lèvres, sueur au front

Ces hommes-là, que de distance

Ont parcourus sous les flonflons

Pour vous servir, sans défaillance.

 

Aux fourneaux trimant dans la chaleur

Ces hommes là, tablier et toque de chef

Jonglaient avec poêles, cassoles, torpilleurs

Sans répit, afin de vous servir derechef !

 

Les plats volaient de cuisine en salle

Ces hommes-là, en toute circonstance

Fendaient foule, fumées et chorales,

Veillant à ne pas perdre contenance.

 

Tant de fêtes, congrès, noces et banquets !

Ces hommes-là, n’avaient que prévenance

Ayant à cœur passion et respect du métier

Pour s’accorder à combler votre bombance.

 

A vaincre stress, fatigue et angoisse

Ces hommes-là, s'offraient assistance

Car entre services et mises en place

Ils ne connurent aucunes vacances.    

 

Tant de dimanches, et jours fériés sacrifiés !

Ces hommes-là, dans le flot des guinguettes

N’ont profité de Maman qui tant espérait

Que cesse au loin, l’écho du bal musette.

 

Le temps a fui depuis Ax et Barbazan...      

Ces hommes-là, cuistot ou garçon de café  

Voguaient jusqu’en beau pays Catalan      

Ballottés entre San Vicens et Templiers.

 

Dès le plus jeune âge, sous l'aile du vétéran

Ces hommes là, avaient eu le pied à l'étrier.

De Papa ils garderont par delà le temps,

Sa fierté à vous voir cuisinier ou bistrotier.

 

Demeurent à jamais dans ma mémoire,

Ces hommes-là qui ont su triompher

S'envolant, pour connaître d'autres gloires

Dans les courses de garçons des cafés.

 

Habit noir et blanc, en Grands Vainqueurs

Ces hommes-là, pour moi à jamais s’élancent

Mémoire à la Une, lumières en mon cœur

Sous les voûtes du bel Hôtel de France.

 

Cine 2015

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