12.12.2017

Flagrant délit de colportage d’allumettes de contrebande

Le texte mis en ligne, en l'occurrence un procès-verbal, rédigé au début du siècle dernier, vient confirmer (s’il en était besoin), qu’il n'est pas prudent de jouer avec les allumettes. Il renvoie vers une époque où Le Peyrat-sur-l'Hers était la plaque tournante d'un trafic dénoncé par la loi.

Procès-verbal n° 56 : Arrestation pour colportage d’allumettes de contrebande, de Pedro, Louis, sans domicile fixe, né à Sarragosse (Espagne).

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Cejourd’hui quatorze mars mil neuf-cent-vingt-quatre, nous soussignés, Jalade Kléber et Izern Jean, gendarmes à cheval, à la résidence de Chalabre, département de l’Aude, revêtus de notre uniforme et conformément aux ordres de nos chefs, en tournée de communes à Rivel (Aude), avons aperçu, à la sortie nord du village, un individu, qui à notre aspect, a pris la fuite en abandonnant un sac qu’il avait sur ses épaules. Nous nous sommes mis à sa poursuite et l’avons rejoint 500 mètres plus loin environ. Nous l’avons appréhendé, et l’avons ramené à l’endroit où il s’était débarrassé du sac. Nous l’avons invité à nous montrer le contenu de ce sac, ce qu’il a fait aussitôt. Nous avons constaté qu’il contenait 150 paquets d’allumettes de contrebande en bois. Chaque paquet contenait 120 allumettes.

Sur notre demande, cet individu nous a déclaré : « Je me nomme Pedro, Louis, 39 ans, chiffonnier, sans domicile fixe, né à Sarragosse (Espagne), le 24 mai 1884, de Pierre, et Fernandez Marie, célibataire, je sais lire et écrire. J’ai été élevé par mes parents jusqu’à ma majorité. J’ai été condamné pour le même motif il y a environ quatre ans. Ma profession de chiffonnier ne me procurant pas les ressources nécessaires à mon entretien, j’ai été obligé de me livrer à la contrebande. J’ai acheté ces allumettes au Peyrat (Ariège) à un individu que je ne connais pas, de passage dans cette localité. Je ne sais pas par qui ces allumettes sont fabriquées. Je suis venu à Rivel pour les vendre à celui qui en aurait voulu, car je n’ai pas de clients fixes. C’est la première fois que je viens dans cette localité ».

L’intéressé a signé sa déclaration après lecture faite. Le fait ci-dessus, constituant le flagrant délit de colportage d’allumettes de contrebande, et une infraction à l’article 19 de la loi du 16 avril 1895, nous avons déclaré à Pedro, que nous l’arrêtions au nom de la loi.

Fouillé minutieusement, au moment de l’arrestation en présence de MM. Monéger et Faure, domiciliés à Rivel (Aude), il a été trouvé porteur, d’un couteau de poche, d’un paquet de tabac, d’une montre, d’un mouchoir, et d’un portefeuille en cuir, contenant la somme de 55 francs, composée d’un billet de 50 francs, et d’un de 5 francs. Ces objets ont été retirés provisoirement, et suivront l’inculpé à destination.

Les témoins de la fouille, MM. Monéger et Faure, ont signé avec nous l’inventaire des objets saisis. Nous avons conduit Pedro à notre caserne, et l’avons déposé à la chambre de sûreté de notre caserne, en attendant son transfèrement, devant le Sous-Directeur des contributions indirectes, à Limoux.

Nous avons prélevé un triple échantillon de ces allumettes, et avons détruit le reste, en présence de Monsieur Portalier, receveur des contributions indirectes à Chalabre. Cette destruction, fera l’objet d’un procès-verbal distinct. Le contrevenant a signé avec nous, les échantillons prélevés.

Nous avons immédiatement téléphoné au Commandant de la brigade de Laroque-d’Olmes Ariège, pour qu’une surveillance, soit exercée dans la commune du Peyrat (Ariège), en vue de découvrir l’individu qui a vendu les allumettes.

Dressé en trois expéditions, destinées : les deux premières dont une visée et enregistrée en débit avec les objets saisis à suivre le prévenu, devant le Sous-Directeur des contributions indirectes à Limoux, et la 2e aux Archives.

Fait et clos, à Chalabre, les jours, mois et an que d’autre part.                                          

Signalement. Taille 1 m. 60, cheveux et sourcils châtains, yeux gris, front découvert, bouche petite, menton rond, visage ovale, nez à base abaissée. Vêtu d’un complet gris, coiffé d’une casquette grise à rayures rouges, et chaussé d’espadrilles blanches.

colportage d’allumettes de contrebande

Commentaires

A l'époque les gendarmes n'étaient pas informatisé??

Écrit par : GUILHEMAT Robert | 12.12.2017

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