27.05.2017

Le 23 mai 1944, Auguste Cathala sauvait le maquis Faïta Jean-Robert, au prix de sa vie

Le sacrifice d’Auguste Cathala ne s’efface pas dans les mémoires.

auguste cathalaLes soeurs d’Auguste et leurs enfants, ont fleuri la stèle de leur grand frère.

«  Les Allemans an tuat le pitchou Cathala dès Vinsous, y an fait de tout… ». Par ces mots, la population du pays chalabrais prenait connaissance d’une atrocité commise à la ferme du Roudié, le meurtre d’un jeune homme de 19 ans, perpétré par des humains, avec une indescriptible sauvagerie. Au soir du 23 mai 1944 et au prix de sa vie, Auguste Cathala venait de permettre aux éléments d’un des premiers maquis de l’Aude, d’échapper à l’occupant nazi, et aux six miliciens alliés à la soldatesque (cf note *).

auguste cathalaMonté au Roudié après que la colonne ait saccagé puis abandonné la ferme des Vinsous, Marius Cathala très inquiet sur le sort de son fils, ne trouvera pas Auguste. C’est Julien le fils cadet, qui découvrira le corps de son frère, près de la porte, dans la ferme incendiée. Il est complètement carbonisé et paraît avoir été mutilé. Les jambes sont sectionnées, les mains et les pieds sont manquants.

Ses restes placés dans un cercueil, seront emmenés à la mairie de Montjardin. Le 25 mai 1944, Auguste Cathala est inhumé, et en dépit d’un retour possible de l’occupant, tous les habitants de la région sont présents à la cérémonie. Le lendemain, les maquisards qui lui doivent la vie, viendront déposer sur sa tombe, une gerbe avec un ruban tricolore.

auguste cathala

73 années après, en ce dimanche 21 mai, la mémoire d’Auguste Cathala a été honorée au pied de la stèle érigée en 1947, à l’initiative de l’association des anciens FTPF (Francs-tireurs et partisans français). Autour de la grande famille d’Auguste Cathala, des élus aux côtés de Francis Routelous maire de Montjardin, des drapeaux de la coordination des anciens combattants, et de l’ensemble vocal Eissalabra, la flamme d’un cruel souvenir a été ravivée. Une cérémonie émouvante et digne, comme pour refuser les mots du philosophe Hegel : « Ce qu’il faut retenir de l’Histoire, c’est que les hommes ne retiennent rien de l’Histoire… ».

* La compagnie allemande responsable de l’attaque sur Chalabre, était placée sous le commandement du capitaine Nordstern. Ce dernier était chef de la 5e cie du 2e bataillon Landesachützenregiment der Luftwaffe Lisieux. Officier très actif dans les opérations entreprises contre les maquis (Opérations Limoux et Couiza) de Saint-Hilaire et de Chalabre, il travaillait en collaboration avec le chef de la gestapo.

auguste cathala

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Commentaires

Ce qu'il faut retenir de l'histoire? ... c'est que les hommes oublient ce que signifie 'être humain'.
Merci de le leur rappeler par ces ommémorations qui le leur remettent, peut-être, brièvement en mémoire .

Écrit par : Francine Kaplan-Ryan | 27.05.2017

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